lundi 13 novembre 2017

Je suis de février

Je suis de février
Mes yeux au-dessus du ciel
Au-dessus des distances
Des religions
Mes yeux
Pour voir l’arbre me dire bonjour
Avant de tomber
Je suis un ange
Je tombe sans pouvoir voler
Je tombe pour me blesser
Sans océan pour me recevoir
Sans mère pour ma naissance
Sans père et sans peur
Mes frères sont quelque part
Perdu dans l’inconscience
Je brise les morts
Je crie la vie
Celle qui me fait vivre
Je brise l’harmonie
Je suis de février
Mes yeux s’ouvrent à nouveau
Sur ma réalité
Au-dessus des distances
Des religions
Mes yeux
Pour voir l’arbre grandir
Et pendre ses souvenirs
Pour perdre mes souvenirs
Seuls mes yeux comptent
J’ai brulé mes vieux vêtements
La maison
Je cours sans arme
Sans amis
J’ai vu me perdre
Mais de ne jamais faire semblant
J’avais confiance
Ils ont foutu le feu à ce que j’étais
Ils ont foutu le feu
J’ai pris peur
Et j’ai fui
Le bruit fait écho encore
La lumière descend l’escalier
L’incendie brule les mémoires
Je suis l’indépendant
Courant en se retournant
De moins en moins souvent
C’est moi qui allume les incendies
Qui attise la destruction
L’abandon des bombes
Il ne reste que des zombis
Des ombres sans lumière
Je suis de février
J’ai froid
Mais j’ai foi
Je me réchauffe des vents
Des mots qui grondent
Je cours en attendant le printemps
Je cours
Mon cœur bat encore
Mes rivières se dégèlent
Les ambactes se fracassent
L’eau
Le sang est libre de couler
De recommencer à vivre
À marcher pour vivre
Sur mes rives
Avec mes rêves
Je ne veux plus changer
Je suis de février
Je suis

Réjean Desrosiers © 2017 11 13 001

Maureen Mcdonagh
acrylic
paper
21 x 21cm
2017


Maureen Mcdonagh
acrylic
paper
21 x 21cm
2017